SABRINA OUAZANI

 

Parle nous un peu de toi

 

 

Je me présente, Sabrina Ouazami, 29 ans, j’ai commencé à l’âge de 13 ans avec un premier film qui s’appelle "L'Esquive" . C’était un casting « sauvage », ma mère a trouvé une affiche en bas de chez moi à La Courneuve. J’ai tenté ma chance, j’avais 13 ans alors que le casting mentionnait qu’il fallait avoir 14 ans. J’ai finalement été prise pour ce premier long métrage.
Suite à ça, j’ai été nommée « Meilleur Espoir Féminin » aux Césars et j’ai reçu quelques prix : un à Namur, un à Istanbul puis plusieurs prix d’interprétation.
Depuis, je fais du cinéma, un peu de télé et ma deuxième pièce de théâtre "Amour Sur Place ou à Emporter ".

 

 

Comme tu touches plusieurs domaines, as-tu une préférence ?


J’aime le cinéma car on a du temps ; mais à la télé, on est proche du public, c’est populaire. Tout ça ne ressemble pas au théâtre car pour le coup, on a vraiment le public en face de soi : il y a une interaction, on donne, on reçoit. Donc on n’a pas le droit à l’erreur, rien ne peut être coupé au montage. 
Ce qui me plait surtout en fait, c’est l’énergie du public, j’aime jouer pendant 1H30, raconter toute une histoire, ça me plait vraiment ! 

 

 

Quel souvenir gardes-tu de ta nomination aux Césars ?

 

J'avais 14 ans. Sur le moment, je ne comprenais pas vraiment ce qu’il m’arrivait. Je connaissais plus Cannes avec le tapis rouge que les Césars. On m’a dit que j’étais pré-nommée, je me suis dit que c’était cool et puis après pour la nomination, quand je faisais partie des cinq, là, je me suis dit que c’était complètement fou. C’était déjà beaucoup, d’aller à la cérémonie, de rencontrer des gens. Je me rappelle que c’était comme un tourbillon dans lequel j’étais prise. En fait c’était un peu un rêve de gosse entre les essayages de belles robes, les  interviews.
Ca a créé un petit buzz et ça a relancé un peu le film. C’était dingue ! 

 

 

Tes coups de cœur du moment au théâtre ou au cinéma ?

 

« Le Majordome ». Sinon, il faut que j’aille absolument voir « Kings » mais en ce moment je ne sors pas beaucoup car je suis fatiguée, beaucoup de promotion.

 

 

Tes bonnes adresses et tes bons plans ?

 

Alors d’abord, vous n’allez pas tarder à venir au 48 rue de Greneta à Paris, dans une boutique qui s’appelle «Les Javottes» car c’est ma boutique ! Je me fais de l’auto-pub ! Plus sérieusement, je suis en train d’ouvrir une boutique de vêtements car pour moi, la mode est une deuxième passion. J’ouvre ça avec ma meilleure amie qui s’appelle Lorraine Mordillat et qui est également comédienne. Normalement, notre boutique devait s’appeler « Javotte et Anastasie » comme les deux soeurs, enfin les deux pestes de « Cendrillon » mais on s’est dit que le nom était trop long donc on a finalement opté pour « Les Javottes ».

 
Je travaille pour des marques que j’aime, comme par exemple ce petit bandeau que je porte d’ «Adeli Paris» que je vendrai dans la boutique. Ce sera des prix abordables pour des pièces uniques. Il y a une autre boutique que j’aime énormément «Ma Demoiselle Pierre», c’est exceptionnel tout ce que Stéphanie fait. J’ai par exemple customisé un t-shirt de la marque. C’est au 155 rue Amelot, près de République. C’est vraiment canon ce qu’elle fait ! Elle a tout ce que j’aime et Stéphanie est très proche des clients, à l’écoute.

 

Il y a une autre marque que j’aime aussi «Sezane», elle fait des sortes de « ventes privées » une fois tous les deux mois donc il faut se lever à 8H du matin et moi je le fais ! Elle avait fait un sweat « La superbe » canon! Je suis une de ses plus fidèles clientes qui se lève tôt le matin pour aller sur son site ! « Sezane » c’est en petites quantités mais c’est de beaux produits, de belles pièces et du coup ça se garde hyper bien. 

 

Il y a aussi l’application «Nike Training Club». Pour les gens comme moi qui sont très sportifs et qui n’ont pas forcément le temps d’aller à la salle de sport, c’est génial ! Tu as des exercices à faire, un programme personnalisé selon ton objectif, vraiment c’est le top !

 

Pour les restaurants, j’aime le «Little Italy», situé 92 rue Montorgueil dans le IIème, il y a des pâtes exceptionnelles entre 10 et 15€, c’est un peu ma cantine j’avoue ! 

 

 

Si tu devais nous citer un parfum, un homme, une femme, un objet, une ville et une devise ?

 

Un parfum : j’en ai deux, l’ «Eau de Rochas» que j’aime énormément pour son côté « masculin/féminin », elle a une odeur particulière, un peu comme une Madeleine de Proust mais je ne sais pas d’où ça sort. Sinon le parfum que je porte c’est l’«Eau» de Roger Gallet, l’eau de gingembre. Je me dis qu’avec une odeur de gingembre tous les mecs vont se retourner sur mon passage !!! 

 

Un homme : un acteur que j’aime énormément qui est malheureusement décédé : Yasmine Belmadi. J’avais tourné avec lui. C’était un acteur hyper généreux, pour moi c’était vraiment un modèle. Il avait un côté assez animal, il jouait avec son instinct, il n’avait pas de limite. J’avais l’impression que je pouvais le regarder jouer des heures et que ça serait à chaque fois différent. 

 

Une femme : ma mère tout simplement, c’est la Mama ! 

 

Une ville : La Courneuve. Je viens de là-bas, c’est ce qui a fait de moi entre autre ce que je suis aujourd’hui et forcément, j’y ai une attache particulière. J’y suis toujours, j’avoue que j’ai du mal à la quitter, c’est chez moi, je m’y sens bien, j’y ai ma famille et mes amis, j’ai grandi là-bas. Ce n’est pas forcément comme on la décrit, c’est comme partout, il y a des bons et des mauvais côtés.

 

Un objet : un tissu, car je participe à la 52ème édition du Gala de l'Union des Artistes qui a eu lieu hier au Cirque d'Hiver.

 

Une devise : "Quand on veut on peut !"

 


Des projets ?

 

J’ai des projets de tournage de films mais ce n’est pas encore sûr.

 

J’ai très envie de réaliser, j’ai créé un court métrage qui s’appelle « Là-Bas » et qui parle de ma relation avec mon papa et de son arrivée en France et son départ d’Algérie, mais surtout de sa nostalgie de l’Algérie et du manque qu’il a vraiment au quotidien. Je parle de la nostalgie imaginaire que nous, les enfants d’immigrés avons, comme un héritage que nos parents nous ont donné. 
Je n’ai jamais été là où mes parents ont grandi et ça me manque ; j’ai envie d’en  parler dans un court métrage que je tournerai l’année prochaine en Algérie et à La Courneuve. C’est Vanessa Mikowski qui jouera mon rôle. Je serai derrière la caméra.

 

Une question que tu aurais voulu que je te pose ?

Non, tu as été agréable et souriant, ça me va, merci.

 

Pandore Magazine