EDDIE THE EAGLE

 

 

 

« L’important c’est de participer, car l’important dans la vie n’est pas le triomphe mais le combat …»

 

Eddie a une tête de naze. C’est du moins ce qu’on pense la première fois qu’on le voit. On se dit tout de suite que ce bonhomme presque agaçant va être le comique de service et on se prépare déjà à supporter un jeu d’acteur caricatural et énervant. Mais très rapidement, il devient vite attachant presque touchant. Candide, un peu dingue et très déterminé, il veut absolument suivre son propre chemin pour atteindre son rêve ultime : participer aux Jeux Olympiques de 1988 (pour la petite anecdote ceux-là même qui ont accueilli l’équipe jamaïcaine de bobsleigh). Le fait qu’il n’ait aucun talent particulier en sport n’a aucune espèce d’importance à ses yeux. Nous voici donc embarqués dans un biopic un peu fou qui raconte la véritable histoire d’Eddie Edward, surnommé plus tard « Eddie the Eagle ». Et si le film s’octroie quelques facilités narratives de bon aloi, on a malgré tout aucun mal à s’impliquer dans le parcours alambiqué de ce personnage décalé.

 

Les deux acteurs principaux sont à la fois surprenants et convaincants. Tous deux échappés de films d’action tels que « X-Men » ou « Kingsmen : Services Secrets » on les retrouve ici très à l’aise dans ce « feel-good-movie » léger et dynamique. Lorsque je suis allé voir ce film, X-Men Apocalypse venait de sortir et Hugh Jackman était donc à l’affiche dans deux films différents (petit sourire de connivence du gars qui déchire le ticket à l’entrée « excellent choix… »). Si Hugh Jackman garde quand même son look de bad boy taciturne, la transformation physique et le jeu d’acteur de Taron Egerton qui a pris quelques kilos pour le film sont franchement bluffants.

 

 

Malgré une réalisation classique mais efficace, cette histoire de dépassement de soi, exemple même de l’échec héroïque nous ramènera forcément à des moments de notre existence. Il arrive qu’envers et contre tout, des gens s’échinent à nous mettre des bâtons dans les roues parfois sans même en tirer un bénéfice quelconque. Juste par principe, parce qu’enfermés dans une existence trop étroite le bonheur des autres les dérange. Eddie lui avance, ne renonce jamais, et malgré les coups vaches, n’écoute pas ses détracteurs au détriment parfois de la prudence la plus élémentaire. Malgré les sarcasmes, les moqueries et les tentatives de découragement il reste toujours digne, ne s’énerve jamais et renforce d’autant plus sa détermination.

 

Il y a certaines scènes du film qui véhiculent une vibration qui secoue le spectateur, une sorte de choc cathartique et primal qui nous donne envie de hurler à la face du monde « Regardez !! Moi aussi je l’ai fait. » Ce bonhomme candide et dégingandé nous offre en fait une sacrée leçon de vie et de persévérance. Portée par une musique dynamique, un dosage parfait entre moments touchants et humour, quelques scènes à couper le souffle et surtout un exemple de volonté sans faille, le film passe rapidement et on en ressort de bonne humeur voire reboosté.

 

Après ces J.O, le Comité Olympique -sans doute inquiet de voir des « Rasta Rocket » et autres originaux déferler dans ses compétitions- a promulgué la loi « Eddy the Eagle » en renforçant les conditions d’acceptation ce qui a sonné la fin des sportifs amateurs mais courageux, fidèles à la devise du Baron Pierre de Coubertin fondateur des jeux olympiques modernes. En ce qui me concerne ce film a été un excellent moment de cinéma que je recommande vivement.

 

 

Merlin