« On ne vit qu’une fois, mais si on le fait bien, une fois suffit ».

 

Mae West

 

 

 

 

Reste à savoir comment on veut vivre.

 

 

 

Certains voient en la vie une abondance de problèmes à régler : ils vous diront que la vie est compliquée, qu’elle est chère, que lorsqu’on éteint la lumière, une colonie de monstres sort de dessous le lit, qu’avec juste un peu plus d’argent, tout se règlerait, qu’avec juste une autre personne au pouvoir, les choses seraient mieux gérées…

 

 

 

Les opinions abondent : avec des moins, avec des plus…on referait le monde.

 

On veut être superpuissants et milliardaires comme Bobby Axelrod dans Billions : tout est dans les chiffres, dividendes en moins-que-riens, sommes en pourquois puis multiplications de peurs pour arriver au produit de ce que nous sommes : sans reste.

 

 

 

Alors, puisqu’on n’est pas là pour être ici, ne tombons pas dans la philosophie à deux balles : ils ont raison.

 

 

 

En théorie, je vous dirais que la vie doit se vivre et non se régler bla bla bla…c’est beau, mais c’est faux.

 

En pratique, malgré notre bonne volonté, au final, on est tous redevables en impôts, en excuses et en sueur: nos monstres cachés sous le lit. Et pour s’en débarrasser, il nous faut l’abondance pour se rassurer.

 

 

 

 

Reste juste à savoir de quelle abondance on parle.

 

 

 

Et si je changeais l’équation ? Si je divise les moins-que-riens pour mieux régler. Au dividende, je soustrais les peurs, et je multiplie le résultat avec une bonne dose de courage. C’est comme une recette de Patricia : l’abondance en qualité et non en quantité…à la Sauce Champagne. 

 

 

 

Il y a toujours des solutions : je me tourne vers Justine et je revends plutôt que de jeter. Claude me rappelle que le touriste paie, mais que le voyageur est un aventurier qui découvre partout et tout le temps…Et me voilà à Bali. Kevin porte jusqu’à nos oreilles l’écho de cette île qui scande sa réalité : les gens qui n’ont rien sont les plus heureux car ils ne sont pas nourris par la peur de ne plus avoir. Ils sont et resteront. Tout simplement.

 

 

 

Ils ont raison les balinais, même si abondancE commence par le A d’avoir, c’est avec le E d’être qu’elle a le dernier mot.

 

Pandore parle de cette abondance là : celle qui ne s’achète pas, celle qui ne se règle pas à la fin du mois, celle qui enivre et nous fait oublier le secondaire. L’important c est l’abondance d’exister : l’abondance indénombrable.

 

 

 

Alors,  les monstres sous mon lit deviennent ridicules ; quand je les regarde en face, ils ont tellement peur d’être vus autrement, qu’ils filent à toute vitesse dans la psychose de quelqu’un d’autre. Je suis une des super-héro dont parle Merlin : humaine et comblée par les plaisirs simples de la vie ; comme celui de trouver ce qui me manque dans ce que j’ai déjà : un rouge à lèvres couleur vive, planqué au fond d’un tiroir qui attendait de me rendre plus belle. Et me voilà prête à croquer dans la vie à pleines dents comme je le faisais dans un croque-monsieur gourmand en beurre spécialité de ma mère…oui elle est bretonne. La règle de l’abondance sélective ne s’appliquera pas ici. « Le beurre, y en a jamais assez », elle est ferme-demi-sel sur ce point et on ne peut pas revenir dessus. Sabrina Ouazani sait de quoi je parle : les racines c’est important.

 

 

 

Alors, une vie me suffira quand j’y pense…Elle a raison maman : « Ça passera comme dans du beurre » « Ouais, ça passera crème » rétorque mon fils…

 

 

 

Comme quoi, l’expression change peut être de génération en génération, mais le principe reste le même : car pour tout le reste, pour tout ce qui demeure incontournable, pour toutes ces autres choses contre lesquelles on ne peut pas lutter, il nous restera le beurre pour tout faire passer…crème.

 

 

 

Mireille Gautier