Bruce Springsteen
Letter to you

(2020)

 

 

 

 

Le 14 juin dernier, Bruce Springsteen aka "The Boss" nous livrait sa dernière oeuvre musicale - Western Stars, une longue balade acoustique qui aurait pu être la bande-originale d'une virée en Mustang sur les routes désertes américaines. Cet album était et restera à mes yeux (et oreilles) une petite merveille musicale qui offre une émotion intense et lyrique.

 

 

Aujourd'hui, Springsteen est de retour avec un nouvel album beaucoup plus rock, musclé, presque sauvage. Accompagné par son groupe mythique - E-Street Band - le boss a laissé de côté sa guitare acoustique, les cordes et la contrebasse pour récupérer sa Telecaster et son ensemble de cymbales hurlantes. Si on pouvait reprocher aux derniers albums du Boss de sentir le studio et le mixage fondu à plein nez, on ne peut aujourd'hui que lui accorder le mérite de nous livrer un album rock aux senteurs des vieilles tavernes américaines où se mêlent le blues au vieux bourbon. Jusqu'à présent. "Letter to You", le nouvel album rayonnant de Springsteen, capture magistralement l’alchimie musicale qu'il développe avec son E Street Band, toujours aussi sensationnel. Le produit est familier, touchant et brut, un retour bienvenu à leur son rock Jersey breveté.

 

 

Tout commence solennellement, alors que Springsteen chuchote la première ligne de l'intro "One Minute You're Here" - "Big black train coming down the track,". Evoquant la métaphore traditionnelle de la mort dans le blues, la country et le folk. Dès le début, Letter to You vous fait savoir où il va. Pourtant, on peut tout de même trouver une certaine joie dans la célébration de la vie comme une compréhension et une acceptation de ce qui suit. L'album a été réalisé avant l'apparition du coronavirus, mais parfois il sonne comme un produit de la pandémie.

 

 

En conclusion, un album fort et dense qui contient des morceaux d'une grandeur presque oubliée dans la discographie du Boss qui prouvent une fois encore que le rock est loin d'être mort et qu'un rockeur qui ne s'arrête pas ne vieillit pas, il se bonifie.

 



Solène LEVEZO