Justin Timberlake – Man of the woods

 

 

 

 

 

Dans l'intervalle qui a suivi la sortie du projet à double volet The 20/20 Experience (2013), Justin Timberlake a savouré son cinquième numéro un américain avec le titre « Can't Stop the Feeling! », perle disco-funk concoctée avec Max Martin pour la bande originale du film Trolls. Deux ans après arrive son cinquième album Man of the Woods, sous une illustration de pochette curieuse, produit avec des collaborateurs habituels comme Timbaland, The Neptunes, Rob Knox, Jerome J-Roc Harmon et Eric Hudson. Toujours attiré par les sonorités funk et electro des années 1980, l'acteur-chanteur a visité quatre studios entre Los Angeles, New York et Sao Paulo pour concevoir un disque placé sous le signe de la danse. Devancée par un extrait electro-funk au tempo medium sur une basse synthétique rampante dénommé « Filthy », la sélection de seize pièces inclut trois autres singles avec le rap « Supplies » et surtout l'étonnant duo « Say Something » avec le chanteur de country et pourvoyeur de tubes Chris Stapleton, curieux mélange de folk et de soul synthétique. Le quatrième extrait, la ballade « Man of the Woods », s'emploie autant à brouiller les pistes par son côté rétro. C'est précisément dans cet éclectisme forcé à faire rentrer tous les genres dans un format pop, comme les guitares rock dans « Sauce », parti d'un joli refrain, que Man of the Woods peine à convaincre totalement. L'artiste est indéniable doué et malin, mais le squelette de la majorité des chansons révèle un manque criant d'inspiration, comblé par une production fourmillante d'idées, sur « Midnight Summer Jam », « Higher Higher » ou « Wave ». L'autre duo de l'album, « Morning Light», avec Alicia Keys, n'a rien de mémorable. Comme pour un film restant agréable, il pourrait être dit que l'ensemble possède des longueurs préjudiciables.

 

Loïc Picaud