La Flamme (2020)

Série de jeremie Galan et Jonathan Cohen

 

 

Nouvelle série création pseudo-originale de Canal + alors qu'elle est l'adaptation (remake) de la série américaine Burning Love, La Flamme a donc déboulé sur nos petits écrans boosté par une campagne publicitaire maousse costaud et son casting il est vrai assez exceptionnel. Neuf épisodes de trente minutes pout tailler un costard loufoque et décalé aux émissions de télé réalité type The Bachelor avec Jonathan Cohen en célibataire crétin devant piocher dans un buffet de magnifiques comédiennes, j'avais vraiment envie d'y croire, mais c'est loin d'être une réussite.

 

 

La Flamme est donc une émission de télé réalité dans laquelle Marc un célibataire en quête du grand amour va devoir sélectionner choisir parmi douze prétendantes réunies dans une luxueuse villa celle qui sera la femme de sa vie. Pour se faire il doit donc éliminer une prétendante à la fin de chaque émission.

 

 

Le concept semblait sympathique et c'est d'abord plutôt amusé que l'on regarde Jonathan Cohen jouer avec délectation un crétin magnifiquement abruti et prétentieux face à ce superbe casting féminin de caractères bien trempés. Malheureusement la mécanique s'essouffle très vite et ce qui pourras sembler drôle pendant vingt minutes devient vraiment très lourd au fil des épisodes qui reprennent toujours les mêmes ressorts de comédies pour les user jusqu'à la corde. Les personnages sont tous définis par UN GROS trait de caractères qui va servir de ressort comique durant absolument tous les épisodes jusqu'à ce qu'on se dise dans un soupir fatigué "Oui ça va j'ai compris".

 

 

Si par exemple dans un premier temps le personnage d'Alexandra interprétée par Leïla Bekthi est vraiment drôle dans sa dimension de psychopathe hurlante, on finit par ne plus rire du tout à le voir éternellement refaire la même chose. Je conçois parfaitement que l'aspect caricaturale des divers prétendante de Marc avec la timide, l'aveugle, la nymphomane, la lesbienne, la folle, la vieille, la catho, la mère etc etc ... soit une forme de critique des émissions de télé réalité aux casting parfaitement calibré de personnages forts et facilement identifiable mais en dehors de leur aspect brut j'aurai aimé que les personnages ne soit pas cantonné à quasiment un seul et unique gag comme Valérie (Dora Tillier) qui chiale tout le temps , Soraya (magnifique Adéle Exarchopoulos) qui fait le singe ou Manon (Céline Salette) qui veut éternellement manger et avoir chaud. Mis bout à bout on se retrouve un peu avec un type qui nous raconterait la même blague un peu lourde pendant plus de quatre heures et c'est fatiguant.

 

Parfois l'humour fait mouche comme avec le très bon épisode sur la fête absurde de la JeanGuile ou lorsque Marc débordant de connerie traite des SDF comme ses enfants et parfois c'est d'une lourdeur pathétique comme avec ce styliste de mode plus caricaturale que la plus mal écrite des caricatures. On pourras aussi s'amuser des nombreuses stars invitées qui apparaissent le temps d'un épisode comme Orelsan assez drôle en sinistre humoriste et Vincent Macaigne touchant en SDF.

 

 

Sans être familier de ce type de programme j'ai la sensation que la série reprend plutôt bien les codes visuelles et le rythme de ses émissions de dating jusque dans la mécanique hypocrite de production, la mièvrerie du présentateur (Interprété ici par Vincent Dedienne) et ce vrai faux suspens des éliminations dans lequel il ne manque plus qu'une fausse pause publicitaire. Si La Flamme parodie jusqu'à l'absurde la télé-réalité elle reste paradoxalement bien en dessous de la connerie crasse de toutes ses émissions d'abrutis affichant et jouant fièrement de leur médiocrité en quête de reconnaissance médiatique.

 

En plus d'être globalement assez lourd, La Flamme est surtout bien trop gentil en égratignant que la surface de programmes nécessitant bien plus une peinture au vitriol et au lance flamme qu'à l'eau et la gouache.

 

La Flamme est donc une vraie déception qui manque de férocité dans son propose et sa critique et qui manque surtout de diversité dans son registre d'humour cantonnant trop souvent ses personnages à un seul et unique running gag.

 

Arthur PINTO