7 Bonnes raisons pour changer le monde

 

Situons-nous :  nous sommes à Kenosha dans le Wisconsin le 23 août 2020. Ce jour-là, une vidéo surgit des réseaux sociaux. Un style de vidéo qui se finit rarement bien.

 

La vidéo commence. On y voit un homme marcher vers le siège avant de sa voiture, il n’a pas l’air d’un premier abord ni agité, ni violent. Il est cependant suivi par deux hommes habillés en bleus, armés et prêts à tirer. Les gens hurlent et au moment où l’homme s’abaisse dans sa voiture et les tirs retentissent. L’homme armé lui attrape le t-shirt avant de lui tirer en continu 7 balles dans le dos. 7 balles en 7 secondes, 7 secondes qui tournent en boucle dans la tête des enfants de la victime qui se trouvaient sur la banquette arrière, à moins d’un mètre du drame.

 

L’acte infligé à cette personne est inhumain. Personne ne devrait subir ça, que ce soit la victime ou ses proches, l’homme se trouvait dans un état stable mais pourtant critique. Le foie, l’estomac et le rein ont été sévèrement atteints, la victime étant paralysée en bas du dos il était question d’un miracle pour qu’il puisse remarcher.

 

Les trois enfants de Jacob Blake se trouvaient dans la voiture au moment des faits, le traumatisme durera à vie.

 

Suite à cela une enquête fut ouverte, et c’est à présent qu’on se retrouve face à deux versions différentes.

 

D’après le syndicat de police les officiers ont reçu l’appel d’une femme prétendant que Jacob Blake essayait de lui voler les clés de sa voiture.

 

Une fois sur place les agents affirment que le suspect était armé d’un couteau, ils auraient même crié à plusieurs reprises “lâche le couteau”. Hors le témoin qui a participé à la scène dit n’avoir vu aucune arme blanche.

 

En revanche avant que la vidéo ne démarre Jacob se serait battu avec les deux policiers affirme le témoin mais les raisons sont inconnues.

 

 Après avoir prévenu plusieurs fois le suspect qu’il allait tirer, le policier ne l’a pas fait à moitié et lui tire de sang-froid non pas une mais 7 balles.

 

Cette version n’est pas celle du concerné lui-même mais bien du syndicat de police.

 

Quant à la version de Jacob et de sa famille, elle est totalement différente.

 

Il aurait arrêté sa voiture afin de séparer deux femmes qui se battaient dans la rue. La police serait arrivée et la situation aurait mal tourné.

 

Mais, en faisant des recherches je me suis aperçue des zones d’ombre qui faisaient partie de l’histoire. La présumée victime était au moment des faits en mandat d'arrêt pour violences conjugales. Cet énorme détail, n'influant néanmoins pas le fait que jamais cet officier de police n’aurait dû tirer de façon aussi cruelle sur cet homme, me fait penser que cette “victime” qui en fait un criminel ne devrait sous aucune raison être en liberté. Et c’est bien ça de nos jours le problème de la justice, c’est que les priorités sont à revoir. Les problèmes de discrimination, de violences conjugales, infantiles, dans les établissement scolaire, le harcèlement scolaire ou de rue, les abus et agressions sexuelles, (sont trop peu pris au sérieux et arrivent même trop souvent avec la conscience des autorités)

 

Il est difficile de mettre des mots, de prendre la parole sur des sujets aussi importants et pourtant pas du tout écoutés.

 

C’est là que ma fascination pour l’art entre en jeu. J’ai toujours adoré la manière dont il est plus facile de faire comprendre certains messages grâce à l’art plutôt que grâce aux mots.

 

Les mots, certains discours, phrases, se font entendre et restent au fond de notre tête certes mais pour ma part ce qui me marque est souvent artistique.

 

L’art choque, émerveille, attise la curiosité, fait réfléchir et est artistiquement beau.

 

Il fait partie de notre société depuis des millénaires et pourtant il est pour moi bien trop peu présent.

 

Ce qui prouve l'importance d’une cause est le fait que de nombreux artistes en parlent et le dénoncent, et les façons de le dénoncer sont multiples.

 

Il n’y a pas longtemps ma tante m’a amené voir une exposition au cœur de Barcelone.

 

J’avais déjà entendu parlé de l’artiste mais je ne connaissais pas vraiment son travail.

 

Banksy est le pseudo qu’utilise un artiste britannique anonyme. Ce dernier est connu pour son art urbain piquant. Il a tendance à faire passer des messages qui mélange parfaitement l’humour, la poésie et la politique. Ses messages sont souvent anarchiques, antimilitaristes et antisystème. Les personnages qui reviennent régulièrement sont des rats, des singes, des policiers, des soldats, des personnages âgés et enfin des personnes célèbres.

 

Comme je l’expliquai plus tôt, l'art a pour moi une place plus qu’importante dans la société.

 

Il fait se poser des questions. Mais pas tout le monde a le temps, l’argent ou l’envie d’aller s’en prendre plein la vue à une exposition. C’est là qu'interviennent les graffitis, ce mot est souvent assimilé à du vandalisme, les gens en ont un avis péjoratif. Pour moi c’est complètement l’inverse. Ce cliché de “ les personnes qui dessinent sur les murs de la ville sont des délinquants” me paraît absurde. Qui n’aime pas passer devant une magnifique fresque que l’on peut contempler, scruter, prendre en photo, partager et ça d’une manière totalement libre et gratuite ?

 

Les murs de la ville sont aux yeux de tous, les graffitis peuvent égayer un endroit simple triste ou délabré tout en pouvant faire passer un message.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet aparté me permet d’introduire la première œuvre de Banksy qui ne vous inquiétez pas, me permettra de rebondir sur le sujet principal.

 


“Algunas personas se hacen policías porque quieren hacer de este un mundo mejor.

 

Otras personas se hacen vándalas porque quieren hacer de este un mundo más bello.”

 

 

 

 

Cet ouvrage me permet non seulement de vous faire visualiser ce que je disais plus haut mais elle peut aussi nous faire comprendre à quel point il y un problème majeur au niveau des priorités.

 

Les Graffitis ne sont pas un problème tant qu’ils n’ont pas des messages déplacés pouvant heurter quelques personnes.

 

Pourtant Banksy a souvent fait face à des plaintes allant contre ses œuvres murales.

 

Pour moi ce n’est pas une question de “vandalisme” mais seulement parce que la vérité ne plaît pas aux personnes montrées du doigt.


 

 

 

Obsérvese el contraste entre los ágiles movimientos de los policías y los del personaje en primer plano al que persiguen. El artista parece estar parodiando los “valerosos” esfuerzos de un peatón cualquiera.

 

 

 

 

 

 

Cette image met en valeur la façon dont les policiers prennent au sérieux des problèmes bien futiles comparés à ce qui demanderaient véritablement une attention sérieuse.

 

Un petit dealeur de drogues douces ou consommateurs suscitera plus l’attention, et devra encaisser une peine plus forte qu’une personne ayant commis un réel crime pourtant bien trop peu pris au sérieux.

 

La société de nos jours met en avant des problèmes beaucoup trop minimes et non des inégalités réellement présentes.

 

L’un des plus important et qui fait de plus en plus parler de lui est l’abus de pouvoir.

 


 

Los límites irracionales que puede alcanzar un estado policial son maravillosamente ilustrados por el registro al que se ve sometida Dorothy del mago de Oz por un agente de policía

 

Un abus de pouvoir est l’exercice excessif d’un pouvoir décerné par un statut. Il s’agit de l’utilisation de capacités en dehors du champ d’actions données.

 

L’utilisation anormale des pouvoirs donnés par une fonction est une faute qui est censée être punie.

 

Il est un élément important dans ces histoires ; l’abus de pouvoir est présent dans de nombreux métiers.

 

Un patron d’entreprise, de magasins ou simplement un directeur ayant lui-même un chef.

 

 Cet abus devrait être sévèrement puni car il fait preuve de pression psychologique et peut même atteindre le physique.

 

Pour moi cela part d’un complexe d'infériorité poussant la personne désespérée à utiliser son titre pour commettre des choses inacceptables.

 

Alors oui, l’abus de pouvoir est présent partout (ce qui ne rend pas cette erreur plus tolérable). Hors, dans le cas des autorités ça en devient très dangereux car la personne ayant le melon trop gros est malheureusement armée.

 

Que ça soit par la force des mains en étranglant quelqu’un la force du poids en étouffant une personne, ou par la force d’une arme à feu, avec leurs uniformes c’est comme s'ils étaient intouchables.

 

Pourtant en y réfléchissant, si dans la rue vous voyez quelqu’un se faire tabasser, étrangler ou étouffer, une grande partie voudra agir et tentera d’aider la personne, va empêcher le meurtrier de continuer son acte de barbarie aux yeux de tous.

 

Quand il s’agit d’une personne portant un uniforme c’est comme si grâce à ça se dresser un sort empêchant la justice de l’atteindre. Les personnes ont peur que ça leur retombe dessus, ne savent pas qui contacter, car en cas de danger on appelle la police mais que fait-on quand la police devient le danger ?

 


 

 

 

Banksy ilustra a la perfección la inocencia resuena de jack y jill este retrato idílico queda ensombrecido por los chalecos antibalas de la policía que llevan. Banksy expresa su desprecio hacia las fuerzas del orden.

 

 

 

 

 

 

 

Je suis entièrement d’accord avec ce que Banksy veut exprimer, je comprends entièrement le regard que portent les gens sur la police.

 

Les erreurs consécutives poussent les gens à perdre confiance en les forces de l’ordre.

 

Je comprends à 100% la peur ou la haine que peuvent ressentir les personnes face à eux. Mais en prenant la parole mon but n’est pas d’attiser encore plus la haine mais au contraire, à vouloir faire avancer les choses.

La solution n’est pas celle de l’acharnement. Ce n’est pas en agissant comme les mauvaises personnes que l’on fait avancer la situation. Pour moi la clé c’est la sensibilisation et de façon pédagogique. Je ne dis pas de pardonner les actes inhumains mais d’agir de façon plus intelligente. Les gens ont besoin de pouvoir faire confiance et de pouvoir compter sur la police. La vision et la relation que les gens ont de cette dernière doit changer mais pour cela c’est la police qui doit changer d’attitude envers ses citoyens.

 

Étaient-ils comme ça de nature ? ou le sont-ils devenus en entrant dans ce monde ?

 

Je n’en sais certainement pas plus que vous mais j’ai mon avis.

 

Pour certains, leur idéologie collait parfaitement avec cette manière d’agir.

 

Pour d’autres ils ont succombé à la pression qu’ils peuvent subir, leur façon de penser est totalement remise à zéro et leur seul but devient seulement d’obéir à son supérieur.

 

Pour une partie trop peu mise en avant, il est plus facile de résister et de garder ses valeurs tout en faisant leur travail.

 

 C’est pour ça que nous ne pouvons pas mettre tout le monde dans le même panier, je parle notamment des policiers qui ont manifesté, mis un genou à terre pour les victimes de bavures, ceux qui ont rassuré les personnes étant effrayées à l’arrivée de la police.

 

C’est ce genre d’actions où oui, l’uniforme change quelque chose, ils ont du pouvoir, certes, mais s’en servent pour propager le bien.

 

Tomber sur un flic agréable, rassurant et présent pour ses citoyens change tout sur le comportement de la personne qui se trouve en face.

 

Parmi tous les problèmes qu’on peut rencontrer face à la police, un en particulier est anormalement tabou et pourtant beaucoup trop récurrent.

 

L’existence de ce problème est pour moi absurde de nos jours.

 

L’oppression que peut subir une communauté ne devrait plus être présente dans notre société.

 

La seule manière que j’ai trouvé d’en parler plus facilement est encore celle de l’art. Cette fois-ci l’exemple est cinématographique.

 

Avec le lycée nous étions allés voir un film au cinéma, qui m’avait bluffé, touché mais je ne pense pas qu'à cette période j’avais conscience que la problématique était encore autant d’actualité, en tout cas de manière aussi importante.

 

 

D’ailleurs Spike Lee fait un énorme clin d'œil à l’Amérique de Trump en incluant des images récentes de l’émeute de Charlottevilles qui glacent le sang. Des images je répète, récentes, qui prouvent que certaines mentalités n’ont tristement pas évoluées.

 

Les choses doivent encore changer.

 

Ce film permet de rire de ce dont on ne peut plus rire mais aussi et surtout de se prendre une claque en pleine figure face à cette atrocité encore d’actualité, face à cette réalité terrifiante.

 

Ce genre de personnes comme ce premier flic noir américain, et de nombreux autres me donne cette volonté et cette motivation de faire bouger les choses.

 

C’est grâce à des gens comme cela que nous pouvons prendre conscience que notre voix compte et finira toujours par se faire entendre.

 

Ce film se nomme Blackkkansman. Le scénario se passe dans les années 70 dans une Amérique emprise du racisme et sous la coupe du KKK.

 

Le film parle de la folle histoire du premier flic noir de Colorado Springs.

 

Le personnage principal va se donner la mission d'infiltrer le KKK afin de lutter pour les droits civiques.

 

Malgré le fait qu’il soit mal vu au sein de son commissariat, il ne cessera pas de prouver ses valeurs.

 

Il va ainsi faire le pari fou de faire bouger les choses, aidé par son ami Flip, tous les deux vont berner le Klan en se lançant dans une mission suicide.

Flip se fait passer pour le personnage principal, Ron, lors de ses rencontres avec le chef du Klan qui voue un culte pour une Amérique blanche.

 

Le film est un mélange parfait d’humour et de décadence.

 

Véritable récit contre le racisme. Malgré qu’il relate une histoire se passant dans les années 70, le film suscite la réflexion car il est totalement en adéquation avec ce qu'il se passe de nos jours.


 

 

Il n’y a pas si longtemps je suis tombée par hasard sur une émission américaine.

 

Cette dernière est animée par David Letterman et s’appelle “Mon prochain invité n’est plus à présenter”.

 

D’un premier abord je m'attendais à une émission typiquement américaine ou les questions restent assez basiques et sans réelle profondeur. Mauvaise langue !

 

J’y ai trouvé une émission regorgeant de bonnes ondes ; ou les invités peuvent parler en détail de la cause pour laquelle ils consacrent énormément de leur temps. Ce concept permet aux gens d’être sensibilisés en écoutant des personnalités qu’ils apprécient.

 

 Une m’a particulièrement marquée. Celle de Barack Obama, quel meilleur exemple que ce dernier pour faire passer de beaux messages.

 

Je vous invite à la regarder, moi je vais évoquer seulement certains passages qui illustrent parfaitement ce dont j’aimerai parler.

 

Barack Obama et David Letterman reviennent sur ces personnages emblématiques qui ont osé se lever, qui ont osé parler et se révolter contre ce qu'il n’allait pas.

 

L’ancien président de la république explique que de temps en temps, à chaque période historique on retrouve des gens extraordinaires tel que John Lewis (militant et homme politique américain), qui contre toute attente, changent l’histoire.

 

Énormément de jeunes veulent y participer.

 

Seulement ils ne savent pas comment, ont peur de se lancer comme John Lewis a pu le faire, mais qu’ils en auraient la volonté s’ils étaient encouragés.

 

Pas tout le monde ne fait de la politique, mais si les gens voient des personnes faire du bénévolat ou voter, ils se diront “moi aussi je veux et je peux le faire”.

 

Les gens ne votent pas parce qu’ils n’y croient pas.

 

“Mon vote ne compte pas”. Mais si toutes les personnes qui pensent ça se lèvent, marchent, chantent pour montrer cette injustice, les consciences se réveilleraient.

 

Si autour de vous c’est la norme de participer à nos vies et de vouloir se rapprocher, vous le ferez plus facilement. Peu importe si les personnes ne vous ressemblent pas, ne prient pas comme vous, ont une orientation différente de la vôtre. Vous avez, nous avons des intérêts en commun, c’est pour ça qu’il faut s'entraider.

 

C’est ce qu’a mis en place la fondation “Obama Foundation Summit” et c’est ce qu’ils essayent de promouvoir de façon systématique.

 

Elle sert à faire travailler les jeunes. A apprendre à affronter l’avenir.

 

Elle forme la nouvelle génération de leaders, afin d’apporter du changement.

 

Après avoir écouté de nombreux jeunes, certains ayant déjà accompli de grandes choses, La fondation les a vu se rencontrer échanger leurs idées, s’inspirer les uns des autres, garder contact.

 

Cette plateforme a appris aux jeunes comment participer, elle les a guidés et encouragés.

 

Aucune autre preuve assez concrète pourrait m’aider à prouver à quel point la pédagogie est la clé, à plusieurs on est plus fort, on se fait entendre. Faites des recherches, renseignez-vous sur une cause qui vous tient à cœur, parlez et encouragez les gens à faire pareil. Votre voix compte.

 

J’aimerais conclure sur une métaphore qui m’a interpellée en écrivant cet article.

 

Elle montre bien à quel point nous sommes tous pareils et nous devrions nous écouter.

 

‘Si vous mettez des fourmis rouges et des fourmis noires dans un bocal, au début il ne se passera rien.

 

Mais si vous secouez violemment le bocal et que vous reposez les fourmis sur le sol, les fourmis vont combattre jusqu'à tuer toutes les autres.

 

Les fourmis rouges pensent que les fourmis noires sont l’ennemi et vice versa.

 

La réalité c’est que l’ennemi c’est la personne qui secoue le bocal.

 

C’est aujourd’hui ce qui se passe dans notre société.

 

Gauche vs droite, noir vs blanc, pro masque vs anti masque.

 

Ce que nous devrions nous demander c’est qui secoue le bocal ?

 

Contre toute attente quelqu’un fera peut-être changer les choses, et ça pourrait être vous.

 

Aurélie IMBERT