Ého ! Ne sombrez pas sous les réseaux sociaux, réagissez !

 

 

 

C’est quoi cette sonnerie encore. Ah c’est un appel Whatsapp.

Oui Patrica, oui je vais te répondre. Deux minutes quoi. C’est la chef cuisinière installée au Costa Rica. Cette provençale éveille les papilles des sud-américains.

Ah mince, je devais relire une de ses recettes qui fait fureur là-bas.

Allez, le téléphone qui vibre d’une nouvelle notification. C’est quoi cette info ?

La chanteuse Annie Cordy dévoile ce qu’elle cachait réellement dans la chanson « Sous mon grand chapeau ». Mais c’est dégoûtant. Oh non pas elle ! Regarde ça toi ! Quoi ce n’est pas possible ? Ah bon. Mince, encore une Fake News.

Allez ça vibre. Ah tiens c’est la petite jeune service civique, Aurélie, qui écrit son deuxième article. Ben pourquoi elle m’envoie un truc par Snapchat ?

Ah ok. Joli visuel qui illustrera bien son sujet. J’en étais où au fait ? Ah oui. Le chat blanc de chez « Feu Vert », Ramsès. Tu es où toi dans les applications ? Voilà, je te tiens. Ola le chat calmos. Je clique sur toi. Arrête de t’agiter et de miauler.

Oui oui, le QR Code. Attends que je rapproche mon « tèl » (téléphone) du prospectus pour profiter de la promotion. Yes, voilà. Oui qu’est-ce qui se passe ? Ben je n’en sais rien moi…

C’est quoi le code Wifi ? Regarde s’il n’est pas noté sur un papier punaisé au tableau ?

tu ne l’avais pas pris en photo pour le garder dans ta galerie photo ?

Ah, tu as changé de téléphone ? Tu as sauvegardé toutes les photos j’espère ?

Ne me dis pas que tu as perdu celle où tu m’avais pris avec Dark Vador à l’entrée du magasin !

J’en ai besoin pour mon prochain « Post » pour booster ma vente de jouets d’occasion sur Vinted.

 

Attends, j’ai Ridah sur Messenger. Waou, elle claque sa photo. Son cliché fera partie de la prochaine campagne pour… Ah mince, on ne doit pas le dire. Il a une clause de confidentialité.

Attends. Et puis il me renvoie les questions pour les interviews des artistes. Cool.

Attends j’ai reçu un truc. Ah mince c’est un message privé sur Instagram.C’est Régis.

Regarde cette photo. Il pense qu’elle illustrera l’article d’Arthur Pinto sur une série. Bien ? Non ? ah encore une.

C’est pour l’article musical de Solène Levezo. Sympa celle-là. Et mince. Cette fois-ci c’est un mail. Quoi ? Les centrales à charbon allemandes responsables de la pollution en France. Tu te rends compte. Mais c’est dégueulasse. Viens, je vais le partager avec Laëtitia Bataille, tu sais celle qui a fait l’article sur Bruno K. la dernière fois. Quoi ? C’est une Fake News ? Mais qu’est-ce que tu en sais toi ? Tu m’écoutes quand je te parle ? Tu es toujours collé à ton téléphone, c’est incroyable. Quoi moi ? Mais c’est pour le boulot et uniquement que quelques amis. Toujours à se coller le bout du portable à l’oreille, je rêve ! J’ai compris. Je sais. Tu fais des vocaux.

 

Je ne trouve plus mes lunettes ! Tu ne les aurais pas vues ? Quoi toi Papé ! Tu reviens peinard de ta balade pendant laquelle tu blagues une heure avec la voisine assise sur un caillou et tu me dis de me calmer. Toi avec ton grand sourire. Quoi ? Je les ai sur le nez ? Ah mince oui. Merci.

Allez vas-y, fais-moi ta leçon. De ne pas croire tout ce qui est dit sur Facebook et compagnie.

Je sais. Je ferais mieux d’écouter certaines émissions de radio.

 

- Eh oui minot, Il faut être attentif. Prendre le temps d’écouter certains chroniqueurs comme Aurélien Bellanger qui dit : « Les réseaux sociaux sont la nouvelle caverne de Platon.

La caverne de Platon où des idées partielles et désarticulées se baladent péniblement sur une paroi humide et grumeleuse.

 

Pour voir le vrai, le beau et le bien, subir les pires outrages, il suffit ainsi d’aller sur les réseaux sociaux. Mais parfois, raconte Platon, un philosophe sort de la caverne, contemple les idées, et revient apporter la lumière à ses amis et followers. Je suis épuisé. Ouf, lâchez-moi.

 

 

Dis Papé, tu ne voudrais pas venir avec moi pour une petite balade. Je laisse le portable à la maison ok ? Merci Papé !

 

 

- Tu sais minot, dans son ouvrage, Bruno Patino dénonce la tyrannie des réseaux sociaux. Ou comment des empires économiques ont créé une nouvelle forme de servitude. Le poids des réseaux sociaux dans notre vie quotidienne rend particulièrement cruciale la capacité à distinguer le vrai du faux, les faits des opinions, l’info de l’intox.

En effet, nous pouvons être trompés à deux niveaux.

D’une part, par des arguments fallacieux diffusés dans notre environnement numérique.

D’autre part, par notre propre cerveau, qui élabore des croyances et interprétations erronées. De plus, les mécanismes d’internet multiplient l’effet de nos propres biais cognitifs. Bref, il est urgent de remobiliser notre capacité à l’esprit critique.

Pour démêler le vrai du faux, il faut tout d’abord comprendre comment fonctionne le cerveau.

 

Comment se forment les opinions ? Quels sont les modes de raisonnement qui conduisent aux croyances ? Quels sont les différents biais cognitifs qui peuvent fausser son analyse de la réalité ? Il faut ensuite s’entraîner à pratiquer le doute envers ses propres croyances et interprétations. Les passer au crible de la méthode scientifique et chercher les preuves. Varier les sources d’informations, pour ne pas lire exclusivement que ce qui va dans son sens. Il faut ensuite accepter la remise en cause, la flexibilité intellectuelle. Écouter l’autre et ses arguments. Accepter de changer d’avis, si la preuve est apportée. Et enfin, accepter aussi de ne pas avoir d’avis sur tout… Éduque ton esprit critique via la chaîne « Hygiène mentale » sur Youtube de Christophe Michel et « La Tronche En Biais » animée par Thomas Durand et Vled Tapas. Il existe aussi l’outil Décodex créé par le journal Le Monde.

 

 

- Merci Papé et je sais ce que tu vas me dire : tous ces réseaux peuvent être bien utiles mais ils peuvent devenir très toxiques. Tu vas me ressortir ton proverbe indien : « Le monde semble sombre quand on a les yeux fermés ».

 

 

Offrez-vous une belle pause, lisez Pandore-Magazine !!!

 

Claude SERRA