Je n’ai pas grand-chose à vous dire. Je suis passée en mode écoute. La fin de l’année est proche, je sens ses courbatures, mais bientôt une autre arrive, emplie d’espoirs. Le commencement d’un cycle de 365 jours. Les souvenirs parlent au passé, les espoirs au futur, mais ils parlent la même langue. Et je préfère de loin le passé, c'est plus romantique.

 

Mes souvenirs parlent et je ne veux pas les déranger ni leur couper la parole. Alors, je les écoute avec nostalgie. Je reconnais les voix et je souris car elles m'appartiennent et j’en suis heureuse.

 

Parfois, mes souvenirs discutent doucement et parfois si fort que j'en oublie où j'en étais…souvent.

 

Ils se demandent quels seront les nouveaux arrivants l’année prochaine. Est-ce qu’ils s’entendront ? Certains devront peut être partir, car le cerveau commence à ramollir et il n’y aura pas assez de place pour tout le monde.

 

Le souvenir d’une journée de travail s’éclipsera pour celui d’une soirée entre amis. Ce dernier se tassera un peu au bénéfice de nouvelles embrassades amoureuses. Tout ça dans les effluves d’un café préparé un matin par un petit homme. Je le connais bien celui là de souvenir… il vit à côté de celui du goût des confitures de ma mère. Et non loin des attentions d’une sœur aimante.

 

Ce sont eux qui nous réveillent le matin, la nuit, le jour. Ce sont eux qui nous rappellent de respirer pour ne pas oublier.

 

Ce sont eux qui nous apprennent à changer, et puis un jour Christine devient Chris.

 

Ce sont eux qui nous poussent à en créer d’autres, et puis un jour, Eddie veut voler.

 

Ce sont eux qui nous hantent en nous rappelant les échéances, et puis un jour, on déménage avec la petite famille à Ozark pour en finir avec cet enfer.

 

Ce sont eux qui s’éveillent sous nos papilles, et puis un jour, on crée la glace à la Ricotta myrtilles.

 

Ce sont eux qui nous rappellent les choses importantes, les toutes petites choses : le bonheur, comme son nom l'indique, n'est pas un état, mais un morceau choisi à un moment nommé, (je l'appelle la "bonne heure"), et puis un jour on décide comme Cyril Lignac de ne plus sous-estimer les weekends et d’en profiter chaque semaine entourés de ceux qu'on aime.

 

Ce sont eux qui renaissent au gré d’une chanson, et lorsqu'un vinyle se raye de l’avoir trop écouté, on invente le numérique pour ne plus que ça arrive.

 

Pour alimenter d’autres souvenirs, pour vivre ces petits moments qui remplissent notre âme et notre vie. Car certaines choses ne vivent que dans les souvenirs. Et il ne tient qu'à nous de les nourrir.

 

Une sortie est aussi une entrée les amis. C'est juste une question de perspective. Alors pour cette fin d'année, je vous souhaite une belle sortie, et une magnifique entrée. Je vous souhaite de trouver le bonheur dans les petits instants précieux, et de les revivre encore et encore au fil des souvenirs.

 

Je vous souhaite des milliers de souvenirs et une santé mentale indéfectible pour les stocker à l'infini.

 

 

 

 

 

Mireille Gautier