Ready Player One

 

 

 

Prêt à jouer et à relever le défi de votre vie ?

 

Avec Ready Player One, Spielberg va vous faire entrer dans un tout autre univers qui nous projette 15 ans plus tard. Alors, quelle sera notre vie en 2045 ?

 

Le monde est dans un état de chaos, caractérisé en grande partie par l'asservissement d'un peuple défavorisé.

 

Rien n'a changé, les riches sont encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres. Les publicités vendent du bonheur directement lié à la consommation, ici à l'OASIS, jeu d'aventure qui a pris le pas sur la vraie vie.

 

Wade Watts, ou plutôt celui qu'il faut désigner sous son pseudo Parzival, est un adolescent de dix-sept ans qui passe son temps libre à jouer. Il faut dire que l'univers de l'OASIS est un peu particulier. C'est un endroit où chacun peut prendre la forme qu'il veut, déjouer le destin et la génétique pour faire ce qu'il désire.

 

Quand James Halliday, le créateur du jeu, meurt, il révèle un "Easter Egg" soit un artefact caché dans l'OASIS. Pour le trouver, il faut résoudre trois énigmes. La récompense ? Être désigné comme légataire universel, diriger l'entreprise du jeu, plus 500 milliards de dollars.

 

James Halliday est un homme qui ne laisse rien au hasard : il a tout orchestré de manière à être toujours présent, même post-mortem. Si des jeunes inoffensifs comme Wade sont de la partie, il y a aussi les salariés de l'IOI, véritable leader sur le marché, et rêvant de posséder le monopole du jeu afin de doubler et maximiser leurs profits.

 

Car l'IOI représente une entreprise multinationale d'innovations technologiques et propose le plus grand service internet du monde. C'est aussi elle qui fabrique des nouvelles combinaisons high-techs permettant au joueur qui l'enfilera de ressentir toutes les sensations du jeu, pour plus de réalité.

 

Parzival va former avec Art3mis, Aech, Sho et Daïto, une belle bande d'amis soudée s'alliant contre la libéralisation de ce qu'ils aiment.

 

Le jeu va révéler une humanité plus que réelle, dépassant le cadre du simple et unique jeu vidéo. 

 

 

 

À l'ère de la réalité augmentée, qu'est-ce que cela signifie ?

 

Ready Player One, inspiré d’un roman d’Ernest Cline, est une vraie dystopie, truffée de références et de crossover improbables aussi bien axés cinéma que jeux vidéo. Simples éléments de décor ou pas, on retrouve l'enfant qu'on était dans les années 80, ou on le découvre, fasciné par ce monde onirique. Une très bonne surprise pour ceux qui ne sont pas geek comme moi. On se prend vite au jeu et on se laisse facilement entraîner, aussi grâce à l'aspect graphique des personnages, loin d'être cheap.

 

Bidonvilles modernes et buildings futuristes s'affrontent dans cette fable moderne où l'avenir du monde est en jeu. De jeunes adultes idéalistes contre des adultes avides de pouvoir qui pervertissent l'OASIS. Leur plus grande peur serait que le monde virtuel soit aussi touché par le capitalisme et un système de crédit restreignant les joueurs. L'endettement est déjà excessivement fort dans le monde réel, si bien que certains sont parfois prêts à s’entretuer au sein d'une même famille. Alors, hors de question que l'IOI puisse transformer l'OASIS.

 

Alors on pourrait se dire tout ça pour un simple jeu ? Oui, mais ici le jeu est le prolongement de la vie. C'est une méritocratie à l'état pur, où l'on peut gagner en pouvoir grâce aux efforts fournis et au mérite, non pas grâce à l'argent où même les grands groupes n'y peuvent rien.

 

Cependant, attention à la chute ! Les ­allers-retours entre la réalité et le jeu ne se font pas sans encombre. Le monde de demain est très sombre et ne fait pas le poids face à l'OASIS, vrai paradis virtuel. Il représente le fantasme de tout pouvoir faire mais aussi d'avoir un certain contrôle sur le temps puisque l'on peut retourner en arrière, revivre, et mettre pause.

 

Qui n'a jamais rêvé de faire ça ? Peut-être que le premier visé est James Halliday qui a consacré sa vie à développer son chef-d'œuvre ?

 

Ce même chef d'œuvre qui le fera passer à côté de plein d'autres vraies choses de la vie comme l'amitié et l'amour. Il lui aura fallu une vie entière pour se rendre compte qu'il était passé à côté de la sienne.

 

Pour autant, il ne suffit pas de se déconnecter pour débrancher la réalité puisque les ennuis sont bien réels. Les prisonniers du jeu sont des employés enfermés dans des espèces de cabines à travailler, la démocratie est en danger face au capitalisme, et l'humanité est prise en otage, prête à abandonner sa réalité pour une autre réalité virtuelle, plus réelle que réelle. Cela nous pousse à penser que le virtuel n'est pas seulement fictif et irréel. Il peut tromper la réalité mais aussi avoir des conséquences graves, autres que le divertissement pur et dur.

 

Une sorte de roman d'apprentissage moderne à (re)découvrir !

 

Zoé COÏA