Spinning Out (2020)

 

Série de Samantha Stratton

 

 

 

 

 

Sous ses airs de série adolescente - avec tous les artifices qui vont avec - Spinning Out a le mérite de s’améliorer, passant d’un début très maladroit et superficiel à une histoire qui ne se veut pas dénuée de messages. Si on a clairement affaire à une série adolescente consacrée au patinage, il n’est pas uniquement question de sport et de compétition. Spinning Out s’avère en effet être une série sur la santé mentale, abordant le thème peu répandu de la bipolarité de manière progressive, sans jamais brusquer, apportant à l’histoire plus de profondeur qu’elle n’y parait aux premiers abords. Kaya Scodelario s’avère ainsi être un bon choix pour camper le rôle de Kat, partagée entre ses rêves de patineuse et un environnement familial nocif. La série explore également le côté sombre d’un sport tel que le patinage - à l’image de bien d’autres. Les crises et conflits dépeints vont ainsi de la simple pression familiale et sociale aux troubles psychologiques, en passant par l’homosexualité, le racisme ou la pédophilie. Beaucoup de thèmes importants qui se mélangent, tellement de problèmes qu’ils en finissent parfois par faire perdre de la réalité au récit. Concernant les personnages, ils s’avèrent assez superficiel et caricaturaux : la petite soeur peste, le beau grosse riche et arrogant, les deux frères jumeaux un peu bêtes, la fille volontairement en retrait. Heureusement, l’attachement finit par arriver grâce au développement d’histoires individuelles - aux airs de déjà vu il faut bien se l’avouer - qui restent cependant encore trop en retrait. J’ai tout particulièrement apprécié le traitement des relations entre femmes, tournant avant tout autour de Kat et de sa famille assez spécial. En clair, c’est assez bancal mais ça reste bon public. En espérant que la seconde saison abandonnera la sécurité pour développer le potentiel qui se laisse entrevoir.

 

 

 

Melinda Dahouadi