Bienvenue dans ce qui aurait pu être un épisode de Black Mirror !

 

 

Elon Musk, entrepreneur, chef d'entreprise et ingénieur milliardaire en quête d'impossible, vient de dévoiler son tout nouveau projet : Neuralink.

 

 

 

Neuralink est une startup américaine neurotechnologique faisant sauter les interdits puisqu'elle développe un implant connecté au cerveau, aux promesses de guérisons (presque) infinies. Tout ceci contenu dans 23 millimètres de diamètre pour 8 millimètres d'épaisseur, soit la taille d'une petite pièce de monnaie ; le tout sans laisser de cicatrice visible.

 

Cette puce cérébrale se rechargerait sans fil et serait connectable en bluetooth. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien si le propriétaire en parle comme d'une montre FitBit connectée. De quoi faire rêver…

 

Grâce à elle, il serait possible de mesurer en temps réel l'activité de plusieurs milliers de neurones.

 

Alors Elon Musk est-il tantôt un génie ou est-il tantôt fou ?

 

En tout cas, ce chef d'entreprise est visionnaire. Il projette sérieusement de faire installer, en une heure, l'implant à la surface des cheveux grâce à un robot de dernière technologie.

 

Le patron de Tesla et de SpaceX réussit son défi : faire rêver. En plus de guérir des dépressions, Neuralink pourrait soigner les patients paralysés et même plus fou : déchiffrer nos pensées les plus intimes. Pas encore réalisable, c'est ce qui est prévu au programme.  Il déclare "Je pense que dans le futur, on pourra enregistrer et voir nos souvenirs. Si on a un accès total au cerveau et que l’on arrive à décoder la mémoire, alors on pourra enregistrer, garder des sauvegardes et restaurer nos souvenirs et, pourquoi pas, synchroniser sa mémoire avec un corps robotisé."

 

Bien que toujours au stade d'expérimentation sur des cochons, ces déclarations posent de véritables questions au niveau de la bioéthique. Après la conquête de l'espace vient celle de l'humain.

 

Pourtant, notre sentiment de défiance s’accroît de jour en jour, non pas sans fondement.

 

Nous savons aujourd'hui que nos données mobiles et électroniques récoltées sont vendues à des groupes dont l'algorithme permettrait de mieux nous connaître et nous cibler en fonction de ce que l'on regarde. Il en est de même avec les cookies utilisés contre nous par les entreprises et qu'elles déclinent en publicités visées. Les clics et les mentions « j'aime » ne sont plus anodins. Tout est analysé pour savoir ce dont on a envie, avant qu'on ne le sache nous-mêmes. Une sacrée intrusion tout de même.

 

Alors, un implant dans le cerveau pourrait-il vraiment tenir de telles promesses ?  Il est vrai que, depuis 2017, des essais concluants se font sur certains patients paralysés. Des implants posés sur la moelle épinière auraient donné de bons résultats. Néanmoins, n'est-il pas un peu prématuré de prétendre à une guérison ? La technologie est, certes, prometteuse et synonyme d'espoir, mais aussi de vertige. Quel est vraiment le but derrière tout ce travail ?
Réparer l'humain ou augmenter ses capacités ?

 

Cette idée de transférer dans un autre corps robotisé ou non est vieille comme le monde, mais Elon Musk n'est pas le seul à penser que tout ceci est possible. Selon Ray Kurzweil, directeur de l’ingénierie chez Google : "Dans trente ans, les humains seront capables de télécharger leur esprit en totalité vers des ordinateurs pour devenir numériquement immortels".

 

 

 

 

Ces hypothèses ne sont plus de l'ordre de la fiction ! Est-ce pire ? Bien sûr que l'immortalité attire, mais pourrait-on encore parler de vie une fois le remède à la mort trouvé ? Et quel serait son but ; vivre le plus longtemps sans fin ou profiter ? Repousser les limites du vivant est-ce une bonne idée ? Toujours dans un but de rendre l'homme immortel en supprimant ou guérissant les maladies, en palliant au vieillissement, ne faisons-nous pas une erreur ?
L'homme sera-t-il toujours un humain, ou un être technologiquement transformé ?

 

 

Pour l'instant, je trouve que cet enthousiasme fait peur bien qu'il serait un formidable outil pour les personnes atteintes d'une maladie ou gravement accidentées.

 

D'autre part, le risque d'un implant est qu'il modifie l’activité neuronale pour la calibrer sur son modèle. Je ne peux pas m'empêcher de frissonner en l'imaginant tomber entre de mauvaises mains car c'est tout le problème : la puce peut être modifiée à la guise du créateur.

 

Et oui, cerveau informatisé est synonyme de cerveau contrôlé. Où serait notre libre arbitre ?

 

Comment se protéger d'un éventuel piratage ou d'une surveillance non consentie ? Je m'imagine déjà un monde dans lequel nos insultes pensées seraient censurées et bipées.

 

Par dessous-tout, le principe d'une société telle que nous la connaissons aujourd’hui serait remis en question. Si nous ne mourrons plus, le monde sera de plus en plus rempli, sur une planète surpeuplée, sur-urbanisée, surexploitée.

 

 

Pour pallier cela, l'État doit mettre en place des mesures contre le transhumanisme.

S'agit-il de protéger la vie ou de l'éterniser ?

 

 

L'Homme est, par définition, mortel et gare à celui qui voudrait ressembler à un Dieu. Icare, en voulant les rejoindre et atteindre l'Olympe, se condamna en désobéissant. Ses ailes brûlèrent et il s'écrasa au sol. Ce qui nous relie tous en tant qu'individus, pauvres ou riches, racisés ou non, bons ou mauvais, est notre finalité, notre destin commun qu'est la mort.

 

 

 

Zoé COÏA